LA PHRASE COMPLEXE

La phrase simple et la phrase complexe. Comment distinguer la phrase complexe? Quels sont les différents types de phrase complexe? Comment identifier les différents modes de liaison? Qu’est-ce que la nature et la fonction de la subordonnée? Qu’est-ce que la nature et la fonction du subordonnant?

La phrase complexe et toutes ses difficultés apparaissent.

1.PHRASE SIMPLE ET PHRASE COMPLEXE

A/ La phrase simple

  • Il faut relever tous les verbes conjugués de la phrase. En effet, la phrase comporte autant de propositions que de verbes conjugués.
  • S’il n’y a qu’un verbe conjugué, on parle de phrase simple.

B/La phrase complexe

  • Lorsqu’on relève plusieurs verbes conjugués (au moins deux), la phrase est dite complexe.
  • L’une des propositions est dite “proposition principale”. En effet, elle fonctionne comme “la tête” de la phrase dans la mesure où si le temps de la principale est modifié, il faut changer impérativement le temps de la proposition principale. On parle alors de concordance des temps. Par exemple: Il dit que tu mens. Si l’on change le temps de la proposition principale, c’est-à-dire “dire”, il faut modifier le temps du verbe “mentir”. Il disait que tu mentais.

Toutefois, il existe plusieurs modes de liaison dans la phrase complexe.

  • Les propositions juxtaposées: les propositions sont reliées par un signe de ponctuation tel que la virgule, le point virgule ou les deux points. Par exemple: Paul est calme, il apprécie l’agitation. (La seconde proposition débute après la virgule, on dit que les deux propositions sont juxtaposées.
  • Les propositions conjonctives: les propositions sont liées par une conjonction de coordination. Ainsi, est employé l’un des termes suivants: mais, ou, et, donc, or, ni, car. Par exemple: Paul est calme mais il apprécie l’agitation. (“Mais” marque donc le début de la seconde proposition coordonnée à la première.)
  • Les propositions subordonnées: les propositions sont liées par un pronom relatif ou une conjonction de subordination. (nous verrons par la suite la liste des deux groupes de mots) Par exemple: Paul est calme bien qu’il apprécie l’agitation. (La seconde proposition débute après la conjonction de subordination “bien que”).

2. La subordination

A/ La proposition subordonnée relative

  • La proposition subordonnée relative est introduite par un pronom relatif. En effet, la subordonnée débute par : “qui, que, quoi, dont, où, lequel, laquelle, desquels…” Par exemple: L’ordinateur, que j’ai acheté, est très performant. Ainsi, la proposition subordonnée relative, ici en gras, est introduite par un pronom relatif.
  • Bien souvent, la proposition subordonnée relative est facultative. Effectivement, elle pourrait être retirée sans que la phrase soit incorrecte. Ainsi, selon notre exemple, “l’ordinateur est performant” est une phrase désormais simple mais correcte.
  • De plus, en général la proposition subordonnée relative apporte des informations sur un nom de la proposition principale que l’on désigne par “antécédent“.

B/ La proposition subordonnée conjonctive

  • La proposition subordonnée conjonctive est introduite par une conjonction de subordination c’est-à-dire des termes comme “que, tandis que, bien que…”
  • En outre, la proposition subordonnée conjonctive s’articule sur un verbe conjugué. Par exemple: La dame veut que tu t’approches.
  • En général, la proposition subordonnée conjonctive a pour fonction de compléter le verbe de la proposition principale. Autrement dit, elle est C.O.D ( complément d’objet direct du verbe de la principale). On parle dans ce cas seulement de proposition subordonnée conjonctive complétive.

C/La proposition interrogative indirecte et exclamative indirecte

  • La proposition subordonnée interrogative indirecte s’appelle ainsi car elle équivaut à une transformation d’une phrase interrogative directe. Prenons un exemple: Le professeur demande à ses élèves s’ils ont compris la leçon. Cette phrase équivaut à: Le professeur demande: “avez-vous compris la leçon?”
  • De plus, la proposition interrogative indirecte peut être introduite par : un adverbe “si etc”, un pronom interrogatif “comment, pourquoi etc”.
  • Enfin, même si c’est rare la proposition exclamative indirecte fonctionne exactement comme la proposition subordonnée interrogative indirecte. Par exemple: Elle crie que tu as de la chance de partir en vacances à l’autre bout du monde.

D/ La proposition infinitive

  • D’abord, constatons que la plupart du temps, un verbe à l’infinitif ne sera pas suffisant pour parler de proposition infinitive.
  • Comment sait-on alors s’il y a une proposition interrogative? C’est très simple, le verbe à l’infinitif doit avoir son propre sujet. Le verbe à l’infinitif fonctionne dans ce cas uniquement comme un verbe conjugué, c’est pourquoi on peut parler de proposition subordonnée. Par exemple: Elle entend la voiture arriver.
  • Il faut remarquer que dans le cas d’une proposition infinitive, on n’utilise aucun subordonnant. Cela rend plus difficile le repérage de la subordonnée mais aussi sa délimitation.
  • De plus, il existe une astuce pour vérifier. Effectivement, la proposition subordonnée infinitive peut être remplacée par une proposition subordonnée relative. Si nous reprenons notre exemple ci-dessus: Elle entend que la voiture arrive. Si l’on peut procéder à ce type de transformation, il s’agit bien d’une proposition infinitive.

E/ La proposition participiale

  • D’abord, la plupart du temps, un verbe conjugué au participe ne suffira pas à parler de proposition subordonnée participiale.
  • Comme pour la proposition infinitive, le verbe conjugué au participe présent ou passé doit avoir son propre sujet pour que l’on puisse parler de proposition participiale. Par exemple: L’hiver arrivant, les habitants des montagnes ont fait des stocks de bois.
  • De plus, il existe une astuce pour vérifier qu’il s’agit bien d’une proposition subordonnée participiale. Il suffit de pouvoir transformer la participiale par une proposition subordonnée conjonctive. Si nous reprenons l’exemple précédent: Parce que l’hiver arrive, les habitants des montagnes ont fait des stocks de bois. Puisque la transformation est possible, il y a bien la présence d’une subordonnée participiale.

3. Nature et fonction des propositions subordonnées dans la phrase complexe

A/ La nature des propositions dans la phrase complexe

  • D’abord, qu’est-ce que la nature en grammaire? Il s’agit de l’identité. Autrement dit, il faut trouver quelle étiquette correspond à une proposition c’est-à-dire: relative, conjonctive, interrogative indirecte, infinitive ou participiale.
  • En effet, la nature est ce qui, comme l’identité de l’être humain, ne change pas. Comme les mots qui peuvent être des noms, des adjectifs qualificatifs, des adverbes etc.
  • Prenons un exemple: Le policier pense que l’accusé lui ment. La proposition débute par une conjonction de subordination. La nature de la proposition est donc proposition subordonnée conjonctive.

B/ La fonction de la proposition

  • Tout d’abord, pour trouver la fonction de toute la proposition subordonnée, il faut revenir à la proposition principale et déterminer les fonctions élémentaires. Par fonctions élémentaires, on désigne les fonctions de la phrase simple comme sujet, verbe, COD, COI, CCT etc.
  • Prenons un exemple: Le policier pense que l’accusé lui ment. Toute la subordonnée est en gras. Revenons donc à la proposition principale. “Pense” est le verbe. “Le policier” est le sujet car le groupe répond à la question “qui est-ce qui?”. Enfin, “que l’accusé lui ment” est COD car tout le groupe répond à la question “Qui?”

4. La nature et la fonction du subordonnant dans la phrase complexe

A/ La nature du subordonnant dans la phrase complexe

  • D’abord, comme nous l’avons vu dans le 2. la nature du subordonnant est son identité. Il s’agit donc de savoir si le subordonnant utilisé dans la phrase est: pronom relative, conjonction de subordination, adverbe, pronom interrogatif.
  • D’ailleurs, il est essentiel de savoir reconnaître la nature du subordonnant car cela permet de savoir quelle est la nature de la subordonnée. Ainsi, si une proposition subordonnée débute avec un pronom relatif, nous savons que la nature de la subordonnée toute entière est subordonnée relative.

B/La fonction du subordonnant dans la phrase complexe

  • Le subordonnant a une fonction propre au sein de la proposition subordonnée. Pour déterminer la fonction du subordonnant, il suffit de réfléchir en ne regardant que la subordonnée.
  • Prenons un exemple: La boisson, que tu as bue, est délicieuse. “Que” a pour nature pronom relatif. Or, qu’est-ce qu’un pronom relatif? A quoi sert un pronom relatif? Un pro-nom a pour fonction de remplacer un nom. Ici, “que” remplace le nom placé juste devant lui donc “boisson”. Le plus simple pour trouver la fonction du pronom est de remplacer celui-ci par le nom qu’il remplace. En fait “que tu as bue” = “tu as bu la boisson”. La méthode pour trouver la fonction de “que” est simple. Il faut trouver à quelle question répond le nom qu’il remplace. “Tu as bu quoi?”. “La boisson” répond à la question “quoi?”. “La boisson”. Donc, à l’intérieur de la subordonnée “que” est COD du verbe “boire”.
  • Attention: les conjonctions de subordination n’ont aucune fonction grammaticale. On les utilise pour relier deux propositions. Il faut alors répondre que la conjonction de subordination n’a aucune fonction.

Si tu as des questions, pose-les dans les commentaires. Note ce cours de grammaire sur la phrase complexe s’il t’as aidé.

Pour aller plus loin, consulte les articles suivants:

l’analyse linéaire

toutes les précisions sur la question de grammaire dans les textes officiels de la réforme du bac 2020

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