THERESE RAQUIN CHAPITRE 21

Therese Raquin chapitre 21. D’abord, le roman naturaliste d’Emile Zola, Thérèse Raquin, paraît en 1867. La critique se déchaîne contre le jeune écrivain mais l’oeuvre remporte un franc succès. Ainsi, elle relate la relation tumultueuse de Thérèse, un tempérament nerveux et de Laurent, dont le tempérament est colérique. Puis, les deux amants sont gênés par la présence de Camille, le mari de Thérèse. Alors, un dimanche, Laurent le noie lors d’une partie de campagne. Mais ce meurtre rend impossible la passion entre les deux meurtriers. Pourtant, deux ans après le crime, poussés par leurs amis et par Mme Raquin, ils finissent par se marier. Effectivement, le chapitre 21 intervient la nuit de noces.

Therese Raquin chapitre 21, on voit la couverture du livre de Zola où est représenté ce chapitre.

Problématique: en quoi la conscience des meurtriers rend-elle leur vie insupportable?

Tout à coup Laurent crut avoir une hallucination. Comme il se tournait, revenant de la fenêtre au lit, il vit Camille dans un coin plein d’ombre, entre la cheminée et l’armoire à glace. La face de sa victime était verdâtre et convulsionnée, telle qu’il l’avait aperçue sur une dalle de la morgue. Il demeura cloué sur le tapis, défaillant, s’appuyant contre un meuble. Au râle sourd qu’il poussa, Thérèse leva la tête.

« Là, là », disait Laurent d’une voix terrifiée.

Le bras tendu, il montrait le coin d’ombre dans lequel il apercevait le visage sinistre de Camille. Thérèse, gagnée par l’épouvante, vint se serrer contre lui.

« C’est son portrait, murmura-t-elle à voix basse, comme si la figure peinte de son ancien mari eût pu l’entendre.

– Son portrait, répéta Laurent dont les cheveux se dressaient.

– Oui, tu sais, la peinture que tu as faite. Ma tante devait le prendre chez elle, à partir d’aujourd’hui. Elle aura oublié de le décrocher.

– Bien sûr, c’est son portrait… »

Le meurtrier hésitait à reconnaître la toile. Dans son trouble, il oubliait qu’il avait lui-même dessiné ces traits heurtés, étalé ces teintes sales qui l’épouvantaient. L’effroi lui faisait voir le tableau tel qu’il était, ignoble, mal bâti, boueux, montrant sur un fond noir une face grimaçante de cadavre. Son œuvre l’étonnait et l’écrasait par sa laideur atroce ; il y avait surtout les deux yeux blancs flottant dans les orbites molles et jaunâtres, qui lui rappelaient exactement les yeux pourris du noyé de la morgue. Il resta un moment haletant, croyant que Thérèse mentait pour le rassurer. Puis il distingua le cadre, il se calma peu à peu.

« Va le décrocher, dit-il tout bas à la jeune femme.

– Oh ! non, j’ai peur », répondit celle-ci avec un frisson.

Laurent se remit à trembler. Par instants, le cadre disparaissait, il ne voyait plus que les deux yeux blancs qui se fixaient sur lui longuement.

« Je t’en prie, reprit-il en suppliant sa compagne, va le décrocher.

– Non, non.

– Nous le tournerons contre le mur, nous n’aurons plus peur.

– Non, je ne puis pas. »

Le meurtrier, lâche et humble, poussait la jeune femme vers la toile, se cachait derrière elle, pour se dérober aux regards du noyé. Elle s’échappa, et il voulut payer d’audace ; il s’approcha du tableau, levant la main, cherchant le clou. Mais le portrait eut un regard si écrasant, si ignoble, si long, que Laurent, après avoir voulu lutter de fixité avec lui, fut vaincu et recula, accablé, en murmurant :

« Non, tu as raison, Thérèse, nous ne pouvons pas… Ta tante le décrochera demain. »

Il reprit sa marche de long en large, baissant la tête, sentant que le portrait le regardait, le suivait des yeux. Il ne pouvait s’empêcher, par instants, de jeter un coup d’œil du côté de la toile ; alors, au fond de l’ombre, il apercevait toujours les regards ternes et morts du noyé. La pensée que Camille était là, dans un coin, le guettant, assistant à sa nuit de noces, les examinant, Thérèse et lui, acheva de rendre Laurent fou de terreur et de désespoir.

I) Therese Raquin chapitre 21 :Le portrait de Camille 

A/La peinture réalisée par Laurent

  • Tout d’abord, le champ lexical de la peinture montre à quel point elle est essentielle dans cet extrait : « portrait, peinte, toile, dessiné, cadre ».
  • En effet, Laurent est à l’origine du portrait de son ami Camille comme il est à l’origine de sa mort. Ce face à face avec le portrait de sa victime fait donc surgir sa culpabilité.
  • Puis le point de vue est interne au meurtrier: «Laurent crut avoir une hallucination » montre la culpabilité ressentie par Laurent. En effet, il est en proie à la terreur, face au portrait de celui qu’il a assassiné : « victime, morgue, meurtrier, noyé ».
  • Enfin, toutes ces évocations favorisent la mauvaise conscience de Laurent, mais aussi de Thérèse le soir de leur nuit de noces.

B/L’évocation du cadavre

  • D’abord, l ‘énumération qualifiant le portrait établit le lien entre le physique de Camille sur la toile et l’image que Laurent a gardé de sa victime lorsqu’il l’a vue à la morgue : « ignoble, mal bâti, boueux ».
  • Ensuite, certains mots reprennent la description du cadavre à la morgue. Ainsi l’emploi du terme « grimaçante » rappelle le passage du texte à la morgue où le même mot est utilisé. En effet, Laurent se sent coupable et a la sensation que Camille se moque de lui.
  • De même, l’adjectif « jaunâtre » était déjà utilisé dans la description du corps sans vie de Camille. Enfin, l’évocation du corps pourri n’est pas sans rappeler les détails donnés par Zola au chapitre XIII.
  • Ensuite, la métaphore des « yeux blancs flottant » dans le visage renvoie au corps dans la Seine.

II) Therese Raquin chapitre 21 Une scène fantastique ?

A/La terreur des assassins de Camille

  • Champ lexical de la peur: « terrifiée, épouvante, épouvantaient, effroi ». ces termes montrent la terreur qui saisit Laurent puis Thérèse. Puis, la peur du personnage se manifeste physiquement comme en témoigne « cloué au tapis, haletant », se remit à trembler. »
  • En outre le vocabulaire de l’obscurité est employé : « ombre, nuit ». Ainsi, le contexte spatio-temporel favorise la montée de l’angoisse car il s’agit de la nuit.

B/Les hallucinations

  • D’abord, la conscience de Laurent lui donne l’impression que Camille le regarde. Ainsi, le lexique du regard met en évidence ce phénomène psychique : « le cadre disparaissait, il ne voyait plus que les deux yeux blancs qui se fixaient sur lui longuement ».
  • De plus, le portrait semble s’animer comme le met en évidence l’énumération en rythme ternaire renforcée par la répétition de « si » : « le portrait eut un regard si écrasant, si ignoble, si long. »
  • Enfin, Camille semble même reprendre vie dans cette chambre de noces : « la pensée que Camille était là, dans un coin, le guettant, assistant à sa nuit de noces, les examinant ». Ainsi, le lexique du regard au participe présent met en valeur la sensation d’être regardés qui rend impossible toute intimité entre les deux jeunes mariés jusque dans leur chambre à coucher.

III) Therese Raquin chapitre 21 Une relation détruite entre les époux meurtriers

A/Laurent

  • D’abord, Laurent manque de courage et fait appel à celui de sa femme, comme le montre le discours direct : « va le décrocher ». Puis, sa lâcheté augmente et il pousse Thérèse vers le cadre comme le montre la série de verbes à l’imparfait : « poussait la jeune femme vers la toile, se cachait derrière elle ».
  • Ensuite, il veut tenter de faire face à sa victime, de l’affronter. Effectivement, le tempérament de Laurent resurgit ,en témoignent les verbes au participe présent: « levant la main, cherchant le clou ».

B/Thérèse

  • Elle vient d’abord chercher une protection auprès de Laurent : « vint se serrer contre lui ».
  • Ensuite, Thérèse est prise de terreur elle aussi comme le montre le verbe au passé simple: « elle s’échappa ».

Nous espérons que “Therese Raquin chapitre 21” a été utile. D’ailleurs si tu as des questions, poste-les dans les commentaires.

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le commentaire de l’incipit (chapitre 1)

la fin de l’oeuvre (chapitre 32)

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